Les membres des Conférences des Présidents du FROCAD, de l’IDC et de la Composante J3M se sont réunis en session conjointe ce 10 juin  journée de la réconciliation nationale à Brazzaville pour analyser la situation politique et sociale qui prévaut au Congo et scruter les voies possibles de sortie de crise post-électorale qui perdure.

A l’issue des échanges, les membres des trois plateformes ont constaté que :

-   Le climat politique et social est de plus en plus délétère du fait de l’intensification des arrestations sauvages et arbitraires des cadres et militants de  l’opposition. A ce jour, plusieurs membres de l’opposition sont illégalement détenus dans les commissariats,   maisons d’arrêt et DGST ;

- L’embastillement illégal de Jean Marie Michel Mokoko et de André Okombi Salissa avec interdiction formel d’approvisionnement en vivre et en médicaments, se poursuit jusqu’à ce jour ;

- Le harcèlement politique des responsables du comité de coordination des plateformes, des cadres et militants de l’opposition notamment son Coordonnateur le Pr Charles Zacharie Bowao ;

- La poursuite du blocus du département du Pool pour des motifs inavoués entraînant la déshérence dans les forêts des milliers de citoyens livrés à la précarité la plus dégradante et abjecte ;

- L’entretien d’un climat de terreur par le déploiement des forces de l’ordre et leurs supplétifs dans tous les quartiers des grandes villes ;

- En dépit de sa volonté apparente à organiser un dialogue pour la sortie de crise généralisée, le pouvoir de Brazzaville  manifeste l’envie d’arrêter les leaders de l’opposition notamment le Général Jean Marie Michel Mokoko et l’ex délégué général Frédéric Bintsamou.

 

Devant ce constat désolant, les membres des conférences des Présidents : 

1-    Exigent du  pouvoir illégitime de Brazzaville de créer les conditions nécessaire pour une vraie réconciliation par :

-         la libération sans conditions de tous les prisonniers politiques qui croupissent depuis plusieurs mois dans ses geôles ;

-         la cessation de l’utilisation de la force publique comme moyen de museler, par la terreur,  le peuple en général et les opposants en particulier;

-         le respect des principes universels des droits de l’homme et des libertés ;

-         l’arrêt des pressions sur les acteurs politiques aux fins de la reconnaissance des faux résultats publiés par la cour constitutionnelle.

 

2-    Sollicitent de la communauté internationale :

-  D’intensifier la pression sur le pouvoir illégitime de Brazzaville pour créer les conditions permissives d’une normalisation de la vie politique et sociale au Congo ;

- De peser de tout son poids pour amener le gouvernement illégal à accepter l’organisation d’un dialogue inclusif sous la houlette des médiateurs internationaux consensuellement acceptés ;

- De faire usage du droit d’ingérence humanitaire pour imposer la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur les évènements du 4 avril 2016 dans les quartiers sud de Brazzaville et  déterminer les conséquences des bombardements dans le Pool ;

- De contraindre, y compris par l’usage des représailles, le gouvernement illégal de Brazzaville à libérer tous les prisonniers politiques et tous les leaders de l’opposition illégalement assignés à domicile.

 

3-    Au peuple congolais

-   De rester ferme dans sa détermination à lutter contre la dictature et le pouvoir clanique et prédateur qui a fait main basse sur l’économie nationale, les finances publiques et les médias d’Etat.

 

Fait à Brazzaville, le 10 juin 2016

 

                  Pour la conférence des Présidents

Le Coordonateur : Charles Zacharie BOWAO

 

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